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DRAWING NOW

AU CARREAU DU TEMPLE PARIS

Du 22 au 25 Mars 2018

SAM KAPRIELOV

Mais maintenant il voit bien un reflet dans le noir qui transparaît inextinguible par la porte de la loi.  Kafka

Dans de grands dessins virtuoses, des story boards d’ une écriture crépusculaire,Sam Kaprielov ouvre à demi ses paupières pour nous transporter dans ses cauchemars.

Enfant de Riga,comme la famille d’Eisenstein, une éducation des arts classiques à Saint Petersbourg, puis  égaré dans la peinture de billards, de masques vénitiens. Un passage à Avignon, enfin un ancrage à Londres.

Sa vision est unique, originale, érudite, et dans ses compositions se mêlent classicisme, cinéma des années 40 et de la science-fiction, l’histoire de l’art, l’iconographie chrétienne, l’architecture, la littérature, et même les bandes dessinées.

Autant de greffes et de sources multiples, pour un artiste à l’imaginaire tourmenté et visionnaire, que la violence du monde confronte à ses peurs intimes.
Scènes d’Apocalypse, cauchemars bibliques, où dans un univers concentrationnaire, des soldats en rang attendent les ordres.
Comme dans les nouvelles de Kafka dont il s’inspire, l’artiste nous fait évoluer dans un monde totalitaire d’où la justice semble absente. Dans des bagnes qui vivent sous la terreur d’un état tyran, des machines ultra perfectionnées, sous la garde d’armées en marche, engloutissent des populations résignées, presque à l’ état sauvage. Les nouveaux maîtres sont d implacables totems, ogres païens, Aliens, Golems [il n’oublie pas le folklore juif d’ Europe centrale].
Le bruit des sirènes, les porte-avions, le chargement des munitions annoncent l’instant fatal de la destruction.
La guerre laisse place à des forteresses noires, des îles peuplées d’animaux préhistoriques, iguanes, tortues, chiens errants et sauvages, derniers survivants des massacres.
Et majestueux, des temples, des arches impériales, ruines dérisoires poétiques d’Hubert Robert, archéologies du désastre, se dressent comme des cénotaphes de ces îles aux morts.
Parfois des radeaux de fortune [il a vu celui de La Méduse] portent un espoir pour cette humanité souffrante à demi nue, qui tente d’échapper à son destin.
Des femmes,fatales, maléfiques, envahissent le papier pour des négociations macabres, auxquelles les héros se livrent, érotisés.
Partout proche du film noir [décors, personnages et accessoires] des expressionnistes Welles ou Fritz Lang, du cinéma russe révolutionnaire, il met au service de ses scénographies une éblouissante technique, comme un éclairagiste de cinéma.
Ce Lord of War, sur des plaques de contreplaqué recouvertes d’un enduit, manie le pastel et le fusain, pour sculpter ses ombres et sa lumière, toujours en contrastes.
Dans ce Voyage au bout de la nuit, Sam kaprielov nous met en garde, apporte une réflexion prophétique a un monde qui court à sa perte, et comme Kafka, son œuvre doit être la hache qui fend la mer gelée en nous.  Véronique Maxé 

 


ART PARIS  GRAND PALAIS

Du 04 au 08 avril 2018

CLASH OF CIVILISATIONS

INSTALLATION DE DASHA FURSEY
Commissaire d’exposition Pierre Farge

Inspiré de l’ouvrage de l’historien français Fernand Braudel Grammaire des civilisations (1987), The Clash of Civilizations de Samuel Huntington fut publié en 1993 par la revue Foreign Affairs. Cet article a ensuite permis un livre, traduit en France en 1997 ainsi que dans trente-neuf autres langues. Objet de nombreuses controverses, les attentats du 11 septembre 2001 ont projeté la vision géopolitique de l’auteur sur le devant de la scène.


EXPOSITION DE LI CHEVALIER