Kimiko Yoshida *Japon/France

1963 // Les autoportraits de Kimiko Yoshida constituent différentes manières de sublimer ou de défaire « à l’envers » une enfance traumatisée, marquée par l’abandon et l’errance. Son arrivée en France en 1995 est vécue comme une renaissance. Son univers comporte aujourd’hui de multiples facettes qu’elle peuple de souvenirs, de ses rêves de petite fille et des légendes de son pays natal. La série des mariées, constituée d’une soixantaine d’autoportraits, est un voyage intime qui se définit comme art de la transition et du passage. À partir de ses expériences des « entre-deux » culturels, Kimiko Yoshida fait de la pensée de l’autre un élément de sa propre identité: le « je » s’accompagne toujours d’une altérité multipliée, d’un narcissisme non pas mortifère mais jubilatoire. Ses autoportraits, qu’elle nomme « mariées célibataires », sont des figures conjuratoires de la condition servile des femmes, notamment face aux mariages arrangés, et se présentent tour à tour sous un angle parodique, satyrique, un brin hystérique comme ses titres : La Mariée en œuvre d’art, La Mariée Pokémon, La Mariée cyber, La Mariée aveuglée…